Dans un monde en perte accélérée de repères, le cinéma documentaire peut offrir des perspectives réconfortantes. C’est précisément ce que propose l’équipe du cinéma de Villedieu pour la 22ème édition de son festival Doc Doc Doc… Entrez !. Des cinéastes nous font pénétrer dans l’intimité de leur famille écartelée en nous entraînant, dans le sillage de mères disparues, de la banlieue caennaise à New Delhi (Nani India) ou de la banlieue parisienne au Caire (La vie après Siham). Parce que ne pas perdre les traces d’un monde révolu est plus important que jamais, nous suivrons Rémi Mauger dans son périple aux quatre coins des Normandie, la continentale et l’insulaire, à la poursuite de passionnés qui entretiennent la flamme vacillante des parlers locaux et nous goûterons avec émotion à une plongée dans le Poitou rural des années cinquante avec le précieux Souvent l’hiver se mutine.
Le chaos du monde se rappellera à nous, mais avec la touche d’espoir que porte toute résistance. Que ce soient les habitants de la favela de Gamboa en butte à l’avidité des promoteurs (Os barcos), les contestataires du mouvement Les Soulèvements de la Terre (Soulèvements), les adolescents yézidis de Rashid, l’enfant de Sinjar qui affichent leur joie d’avoir survécu à la barbarie sur la couverture de cette plaquette ou les militantes féministes de Girls for Tomorrow, tous témoignent de la pulsion universelle de ne pas céder à la fatalité.
Il y aura encore d’autres rendez-vous comme l’étonnant Soundtrack pour un Coup d’État qui montre à travers le martyr de Patrice Lumumba, éphémère président de l’ex Congo belge, comment un impérialisme peut en cacher un autre en instrumentalisant quelques-uns des plus grands jazzmen étasuniens. Et nous finirons cette semaine en beauté avec notre ami Patrick Leboutte qui nous entraînera dans une rétrospective du film documentaire belge dans laquelle nous retrouverons notamment Déjà s’envole la fleur maigre sur lequel il vient de terminer un livre.